Je fume une clope, et puis une autre, et une autre ... Je fume par habitude. Je n'écris plus car j'ai tout dis. Je me justifie sans avoir le besoin ni l'envie. Je me sens en perte. En perte de tout et de rien. Je ne réfléchis plus. Je m'isole, me retire. J'ignore en étant d'un calme effrayant. Insomniaque de jour et de nuit. Je rugis de l'intérieure. L'envie de crier me viendra tôt ou tard. Je m'en foutisme aigu. Je suis déphasée, décalquée. J'ai notion du néant. Je suis prête à cracher mon venin qui est des plus dangereux. Que m'arrive t il ? Je suis en fuite un peu comme un Amour qui frôlerait la fin chaque jour mais qui subsiste dans le c½ur de quelqu'un. Je reste des heures sur le sol de ma chambre à écouter et à m'immiscer dans un silence qui devient bruit. Je passe des nuits à contempler mon plafond étoilé à la lueur d'une bougie qui se consume peu à peu. Je ne suis pas étrangère à moi même, je n'attends pas d'être la même et je ne cherche pas à me comprendre. Je suis la neutralité. Je semble apaiser et sereine. Peut être au fond le suis je. J'ai cherché le neutre durant des jours entiers et je l'aie. Peut être parce que j'ai la tête qui tourne, ou tout simplement parce que j'ai évaporé la palette de sentiments qui s'offre à nous tous. La neutralité n'est pas fait de peut être. Elle est, elle s'encre dans mes veines. J'ai tout dis, tout ce que j'avais à dire. Je n'écris plus pour me libérer. Aucun sentiment ne m'habite. Je voudrais qu'il me sert dans ses bras. La neutralité est ma perte ? C'est une phase des plus ardue. Aucun mot ne la définie, ni aucun dessin, ni aucune photo. Ce n'est pas un flou, ni une nature morte. La neutralité est. Le verbe être est neutralité. Mes larmes sont. Elles ne sont dues à aucune colère, ni aucune haine, ni aucune peur. Elles sont transparentes, neutres. Aucun objet ne définit la neutralité. Je n'apprivoise pas cet état, je ne le poli pas, je ne l'adapte pas, je ne le moule pas. La neutralité est une matière intouchable. Molière, Racine, Corneille : entre tragédies et comédies. Platon, Aristote, Alain : entre justice, conception du monde, et modèle de société. La vie n'est pas écrite dans les livres. On courtise l'Autre et on attise les sentiments. Je ne veux plus jamais narrer mon ancêtre combat contre l'humanité. La liberté ne se transcrit pas sur du papier, elle s'incarne en l'Être humain. On dérive d'une rive à une autre, d'un mot à une phrase sans aucun sens. Au fond sur cette terre qui somme nous ? Pour combien de personnes comptons nous ? Arrête moi d'avoir peur du Bonheur. Berry chante qu'il n'existe pas. Je ne sais qui a inventé ce rêve, mais cet auteur d'une création infinie nous a conduit à une quête d'un Graal du toujours. Je rêve et puis quand je me réveille, mon sommeil se désillusionne alors je porte un regard sur ce Bonheur immodéré qui ne se fusionne pas avec ma petite personne, ici ou ailleurs. Jeune fille de 18 ans en crise, qui recherchait un absolu sur joué. What a wonderful world ? Il y a tant de chose et de manière de dire les choses sans parler, et comme je sais le faire, je l'ais fait. Aussi belle soit la fleur, il faudra bien qu'elle fane. Aussi bon soit le bonheur, il trouve son équilibre dans les larmes de joie. Pour chaque chose vient son contraire, même quand tout nous oppose, ce n'est que l'envers du décor. L'ordre des choses est un mystère, des épines à chaque rose, on ne peut rien y faire. Je suis imparfaite comme l'Homme. Je cherche dans l'erreur le meilleur et puis ce n'est rien en somme. Combien de fois aie je voulu dire adieu à ce monde, à ces gens, à cette ronde qui m'enferme ? Et pourtant la vie est un poison, je l'aime plus que l'amour lui même. Je suis assise sur le rebord de ma vie. Mes pensées se défont, elle s'arrache de moi et elles se drapent dans leur manteau de saison. S'il n'y a que mes pas qui résonnent, c'est qu'il ne reste plus personne et que même les murs sont froids. Mes humeurs s'obstinaient à tourner sans moi, tant pis j'ai fais sans la langue de bois. Le bruit des autres ne me dérange pas, s'ils arrêtent leurs belles légendes et prennent la peine de marcher droit. Mes idées fusent et je les refuse à longueur de journée. La même hantise délaissée et une volonté de ne plus jamais voir la colère. Et moi qui me croyais si paradoxal, je me sens vexée quand on me dit normal. Se préparer au pire n'arrange rien. Et garance est devenue grande grâce à un coup de baguette magique.